Mieux vaut penser à changer la toiture quand il fait encore beau !

Dans l’esprit collectif, les décisions cruciales en entreprise sont souvent associées à des périodes de crise. Pourtant, c’est peut-être en pleine prospérité qu’il faut faire des choix stratégiques. Anticiper, investir et structurer avant d’être contraint de le faire sous la pression peut être décisif pour assurer la pérennité d’une entreprise – même si nos penchants naturels nous poussent parfois à nier ou à procrastiner.

À l’image d’une maison dont on répare la toiture par beau temps, l’entrepreneur avisé profite des moments fastes pour préparer son futur et agir, avant que les nuages ne s’amoncellent et que les premières gouttes ne tombent… Une vision proactive qui est souvent négligée par des dirigeants trop concentrés sur la croissance immédiate, pourtant déterminante dans un succès à long terme.

Cet article explore les raisons de procéder ainsi, et les principaux leviers qu’un entrepreneur peut actionner pour renforcer et pérenniser son business, dans un esprit de saine anticipation.

Bonne lecture,


Trop souvent on pense que si tout va bien, il n’y a plus rien à craindre. Mais certains mécanismes expliquent un tel état d’esprit et les dangers à vous y complaire.

Tout d’abord, le dirigeant peut considérer une période faste comme une récompense. Comme s’il récoltait les fruits de ses efforts et atteignait enfin ses perspectives de retour d’investissement. Inconsciemment (mais pas que), il n’aura aucune envie de voir les choses autrement, et ce sera le statu quo.

Ensuite, notre cerveau use de biais bien connus du monde des affaires. Parmi eux il y a notamment le biais d’optimisme, qui amènera un patron à penser que « si tout va bien aujourd’hui, cela continuera (forcément) demain. »

On peut aussi mentionner la théorie de la dissonance cognitive (Léon Festinger, 1957), pour expliquer que les actes et les prises de décisions d’un dirigeant ne correspondront pas nécessairement aux leçons qu’il devrait tirer de l’observation de leur environnement et du marché.

Privilégier (consciemment ou non) une certaine inertie n’est pourtant pas sans dangers. Par exemple, si vous voyez vos concurrents innover, si vous observez des changements dans les comportements de votre clientèle, ou des ruptures technologiques vous impacter, ce n’est pas parce que vous choisissez d’ignorer ces phénomènes qu’ils ne sont pas sans effets…

Quelles que soient les explications, de l’intrapsychique au macroéconomique, en passant par votre culture d’entreprise, poursuivre un certain rythme d’innovation en capitalisant sur vos actifs n’est plus une option.

Songez à certaines entreprises comme Kodak, jadis leader incontesté, qui a quasiment disparu faute d’avoir su anticiper la transition vers la photographie numérique…

A ce propos, on voit combien la transformation digitale rebat les cartes : les petites organisations agiles mangent les grosses et les valorisations boursières des players de la tech dépassent de loin tout ce que les « bricks and mortars » auraient pu imaginer atteindre !

La sensation de faste et de confort cache, en réalité, des vulnérabilités potentielles. Vous souvenez-vous du titre de ce fameux livre d’Andy Grove (ancien PDG d’Intel) : Seuls les paranoïaques survivent ?


Souvent, une entreprise doit sa prospérité à la qualité de ses équipes. Guerre des talents oblige, il est contre-intuitif d’imaginer qu’en dépit de ce qu’on leur doit, quelques restructurations devraient être envisagées pour préparer l’avenir. Et pourtant.

En période de stabilité, on a plus de temps pour choisir ses collaborateurs. Car embaucher sous la pression d’un besoin urgent peut vous mener à l’erreur de casting.

Cela implique d’anticiper vos besoins en compétences et de ne pas attendre d’être en situation critique pour renforcer votre équipe. Cette période est idéale pour non seulement identifier les postes stratégiques à recruter, mais aussi repenser certaines fiches de poste, redéfinir des objectifs ou mettre en place des plans d’évolution de carrière.

« Et si certaines ressources ne progressent pas ou n’apportent pas la valeur escomptée, il vaut mieux savoir trancher sans attendre, car le temps tourne et l’inertie risque de vous coûter à la fin… Sachant que c’est aussi pendant les creux d’activité, que vous pouvez vous permettre d’y réfléchir et de décider », rappelle Marie Gandouet Le Jehan.

Il y a des chances pour qu’une équipe performante ait été bien formée. Il est donc essentiel de mettre en place un programme de formation continue pour renforcer les compétences de vos collaborateurs.

De plus, il est crucial de savoir fidéliser vos talents, car cela stabilise votre organisation et coûte moins cher que de recruter de nouveaux. Vous y parviendrez notamment en instaurant une culture d’entreprise solide. Ainsi, lancer des initiatives comme des plans de mentorat, des formations internes ou des opportunités d’évolution interne pourrait accroître l’engagement et la motivation de vos employés.

Et au-delà des formations classiques, envisagez également la mise en place d’un programme de développement des compétences multidisciplinaire, qu’il s’agisse de compétences métier, en gestion de projet, technologiques ou liées aux soft skills.

Les périodes prospères sont aussi indiquées pour repenser votre organisation interne. « Vous avez la sérénité pour réfléchir à fluidifier et optimiser certains processus, pour mieux éviter la surcharge de travail lors de futurs pics d’activité. Et des outils de gestion des tâches et des méthodes agiles pourront améliorer la productivité et l’efficacité de vos équipes », poursuit Marie.

Autre volet et non des moindres, redéfinir les rôles et les responsabilités pour une meilleure répartition des tâches. « L’occasion pour vous de songer à externaliser certaines fonctions, afin de concentrer vos ressources sur votre cœur de métier », poursuit Leslie Guenand, directrice associée du cabinet.

Pour une mise en œuvre pratique, commencez par cartographier tous vos processus actuels et identifiez les goulets d’étranglement. Impliquez vos collaborateurs dans cette démarche – ils sont souvent les mieux placés pour suggérer des améliorations concrètes. Fixez-vous des objectifs mesurables d’optimisation et suivez régulièrement les progrès réalisés. « C’est le sens de certaines missions que nous avons menées depuis l’année dernière chez certains clients », illustrent nos expertes.


Les périodes fastes sont l’occasion idéale de mener une veille technologique et de dénicher des outils qui serviront votre performance future.

La transformation digitale faisant, il est opportun d’automatiser certaines tâches chronophages. « De la gestion comptable à la relation client, les logiciels ne manquent pas pour simplifier et fiabiliser les opérations quotidiennes, nous en mesurons les effets sur nos dossiers », explique Leslie.

Sachez aussi privilégier des outils flexibles et évolutifs. « Des solutions scalables, notamment Saas – qui garantissent une mise à jour continue et une adaptabilité aux évolutions du marché, vous aideront à vous adapter à vos besoins futurs, sans devoir tout remettre en question à chaque étape de votre croissance. Un atout décisif pour une PME en forte croissance ! », reconnaît la dirigeante de Beecount, qui accompagne majoritairement cette typologie de clients.

Conseils pour soutenir votre transformation digitale
L’un des points fort de Beecount 😊
Check-list des aspects à évaluer dans l’adoption de nouvelles technologies
Réalisez un audit des processus existantsLa scalabilité de la solution face à votre croissance projetée
Différenciez les tâches à forte valeur ajoutée de celles pouvant être automatiséesL’interopérabilité avec vos systèmes existants
Identifiez des solutions adaptées à votre taille et à votre secteurLa facilité d’apprentissage pour vos équipes
Formez vos équipes et désignez des ambassadeurs du changementLe support et la pérennité de l’éditeur
Évaluez régulièrement les résultats et ajustez votre stratégieLe coût total de possession (acquisition, maintenance, formation)

Un grand nombre de nos interventions s’inscrivent justement dans le soutien à la digitalisation, et nos équipes accompagnent nos clients sur l’ensemble des items décrits dans la partie gauche du tableau. « Nos clients sont souvent étonnés qu’en à peine 10-12 jours, nous parvenions à obtenir des résultats tangibles », rappelle-t-elle. 

L’augmentation des cybermenaces ne vous ayant pas échappé, sécuriser vos données, vos bases et votre système devient un pré-requis. Plusieurs actions sont envisageables dans ce domaine :

  • Déployer des logiciels de cyberprotection ; 
  • Mandater un cabinet spécialisé pour bénéficier de conseil opérationnel, assurer la sauvegarde de vos data, adopter une charte numérique et déployer une politique de cyberhygiène ;
  • Souscrire une police d’assurance dédiée ;
  • Mener périodiquement un audit de vos systèmes et pratiquer des tests d’intrusion, pour aguerrir votre dispositif de protection.

Le chiffre : selon l’étude de WatchGuard Technologies, environ 49% des PME interrogées ont admis avoir déjà été victimes d’une cyberattaque. Un chiffre alarmant qui souligne l’importance d’investir dans la cybersécurité, indépendamment de la santé financière de l’entreprise. Sachant aussi que les pirates se renseignent et auront d’autant moins de scrupules à vous rançonner si tout va bien pour vous en ce moment 😉

La gestion financière est souvent négligée en période d’abondance. En effet pourquoi s’en préoccuper quand on a réussi à sortir la tête de l’eau ? Pourtant, une saine gestion financière est une préoccupation permanente, qui demande une grande rigueur.

Si votre rentabilité est bonne et vos bénéfices sont en hausse, vous pouvez être tenté d’augmenter vos dépenses. « L’embellie faisant, l’entrepreneur veut aussi se faire plaisir et améliorer son quotidien. Mais souvent il mésestime ce qu’il lui a fallu pour en arriver là et des dépenses inconsidérées ou somptuaires pourraient contribuer à le mettre dans le rouge plus tard », avertit Marie.

Et au-delà du pilotage des coûts opérationnels, il faut aussi faire de même avec ses investissements, pour éviter tout effet de ciseau en cas de ralentissement. C’est un vrai numéro d’équilibriste, qui s’apprend avec l’expérience, et en ce sens vous pouvez distinguer 3 catégories d’investissements :

  1. Les investissements essentiels : pour maintenir votre avantage compétitif ;
  2. Les investissements stratégiques : pour explorer de nouvelles opportunités ;
  3. Les investissements optionnels : à différer en cas de ralentissement.

Une approche qui aide à maintenir une discipline financière tout en continuant à développer l’entreprise.

Ensuite, l’entreprise en bonne santé doit disposer d’une trésorerie suffisante pour faire face aux imprévus. Constituer un fonds de réserve financière l’aidera à faire face à certains chocs économiques et conditionnent sa stabilité à long terme.

« Par exemple, vous pouvez tabler sur une réserve de trésorerie équivalente à trois ou six mois de charges fixes. Cette marge de sécurité vous donnera du temps, en cas de retournement de conjoncture ou de crise sectorielle. », poursuit l’experte-comptable.

Ses apports restent incontournables, qu’il s’agisse de structurer votre gestion financière, d’anticiper vos besoins en financement ou d’optimiser la fiscalité de votre entreprise.

« Chez Beecount, nous accompagnons les dirigeants dans ces choix stratégiques. En tant que consultants, l’une de nos spécialités consiste à leur proposer des outils faciles d’appropriation, tels que des tableaux de bord personnalisés, mais aussi des simulations financières ou encore de la veille et du conseil pour optimiser leur structure juridique », détaille-t-elle.

Dans les faits, tous les dirigeants ne savent pas regarder leur pilotage financier, ni analyser leur rentabilité au niveau de chaque BU… « Pourtant, les bons indicateurs permettant d’anticiper… Souvenez-vous que quand ça dérape c’est toujours trop tard », poursuit-elle.

Et au-delà des seuls outils, songez aussi aux nombreuses décisions stratégiques à envisager tant que vous bénéficiez d’une certaine sérénité. C’est là où nos interventions de conseil prennent tout leur sens. Nous aidons alors nos interlocuteurs à auditer certaines fonctions ou process ou à anticiper des tendances à l’œuvre pour faire évoluer leur modèle économique et leur positionnement de marché.




Si votre entreprise connaît la prospérité, nous espérons vous avoir convaincu de prendre les devants et de redoubler de vigilance pour préparer la suite de votre développement. Et si le faste n’était pas votre ligne d’arrivée mais une fenêtre d’opportunité ?

Qu’il s’agisse de faire le point sur votre organisation, de structurer et de processer, et de renforcer le suivi de votre performance financière, de nombreux leviers sont à portée de main pour préparer l’avenir sans attendre d’être confronté à des difficultés. Car les cycles se retournent vite.

Pour terminer, nous vous invitons à méditer cette maxime de l’Oracle d’Omaha, le milliardaire Warren Buffet « C’est quand la mer se retire qu’on voit ceux qui se baignent nus. » 😊

Et vous, quelles actions mettez-vous en place aujourd’hui pour sécuriser l’avenir de votre entreprise ? N’hésitez pas à partager vos expériences ou à nous contacter pour discuter de votre stratégie de développement.

Vous avec un projet en tête ? Contactez-nous !

Retrouvez également notre offre d’accompagnement :

Ecoutez nos interviews :

N’hésitez pas à contribuer en commentant cet article 😊

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *